
Quand les racines raviront aux trépassés
Le suc pétrifié de leurs défuntes pensées
Dérobant aux uns une ultime rêverie
Aux autres les fiers projets, enlevés, surpris,
La flore, gagnée par une éloquence muette,
Lancera aux oiseaux rieurs ses bonnes têtes.
L’ortie aura pour sa colère mentholée
L’acre venin puisé aux haines enterrées.
La ronce montrera le bec fin de l’avare.
Sa tombe est là-
Et toi, rose rouge, messagère des époux
Á quelle fosse prendras-
Et moi, déconstruit par les années et l’ennui
Oublié dans ma barque, mon douillet réduit
Je nourrirai pas mon amour les doux soupirs
De la fleur dont tu pareras mon souvenir.
Octobre 2003

