Ton sourire est le chuchotement clair

Qui scintille au pied des molles fougères.

Ta course est une escapade du temps

Dans les rides gorgées de ton élan.

Ruisseau insouciant, ruisseau de ma plaine

Fragile volonté d’aubes lointaines

Laisse mon chant t’accompagner là-bas

Vers un matin bleu peuplé de lamas

Qui joindront à tes rythmes ingénus

La verve sage des paradis perdus.

 

En ce havre, en ce lieu nu et ascète

Il y aura un lac d’une eau infaite.

Tu y jetteras tes cliquetis fluides

Agaçant à peine l’orée limpide.

Et je suivrai. Livrant à l’insouillé

Les miasmes navrants de ma vanité.

 

Ainsi, même les voies les plus étroites

Les guides à l’allure maladroite

Mènent aussi sûrement à l’immense

L’errant qui de la pureté a science.

 

 

                                                                           Septembre 2003

 

 

Les Eléments
Le Ruisseau