Au cœur d’un songe, le vent m’est apparu.

Drapé dans sa transparence ingénue

Il posa sur mon visage oublieux

Un frémissement suave et délicieux.

Un doux frémissement, en vérité

Dépositaire d’un tendre passé.

Car le souffle qui amusa mes cils

Dut jadis avoir été un soupir

Dérobé par l’alizé facétieux

Sur les lèvres de l’amour bienheureux.

 

Mes paupières glissèrent tels pétales.

Offrant l’iris nu à l’envoûtant hâle

Qui déjà pénétrait l’aimable attente

Sertie de larmes toutes plus brillantes.

Mon sommeil s’empourpra de cette audace

Mais ne brûla pas et me fit la grâce

De ne point encore mourir d’éveil

En me livrant au châtiment amer

Qui m’eût privé d’un délice du vent

Offert à mon rêve ainsi que semences :

 

La silhouette lointaine de l’amante enfuie

Flottant dans les brumes de ma mélancolie.

 

                                                                

 

                                                              Juillet 2002

 

Les Eléments
Semences