
Je suis le soir du vent. Vêtu de mon crêpe noir
Dans la paix honnie des crépuscules de l’espoir
J’entends hurler les ruines absoutes du passé
Qui exhibent de macabres débris de huées
Et vois monter des légions d’âmes inséparables.
Fratries réconciliées formant masses d’innombrables
Á jamais enlevées aux clameurs de la beauté
Par l’assaut de mon ire et de ma cupidité.
Là, l’équipage entier d’une rude baleinière.
Les visages incrustés d’infécondes prières
Cinglent vers le tartare et l’impossible pardon
De tous les baleineaux orphelins et moribonds.
Ici, un couple pris dans une noire tempête
Retient un appel entre les lèvres stupéfaites.
L’homme pressant contre son sein l’ombre du regard
De celle qui désormais gît privée de vouloir.
Réveillé dans ma nuit, hanté par ces pathétiques
Qui empèsent mon art d’une douleur tyrannique
Je reviens parfois sur les lieux de tant de méfaits.
Puis, honteux, médiocre, fatigué, je pleure. Défait.
C’est mon chagrin qui, au-
Et par les galets soucieux du sang des sacrifiés
Souffle doucement ses aveux dans la nuit coupable.
C’est le gémissement errant de l’inconsolable.
Juillet 2002

