Quand je l’écoute, le vent m’apporte de toi.

Des gorges terribles aux plaines endormies

Il narre les utopies, les secrets diaphanes

De ton âme trahie, de sa verve saisie.

 

Regrets disloqués, chahutés plus que poussières

Ou désirs oisifs suintant d’âpres lâchetés.

Que l’esprit humain, grand dans son art éphémère

Est petit boiteux quand il n’ose pas aimer !

 

Je suis un de ceux-ci, un de tes vœux errants

Prisonnier des longs soupirs de ton amertume

Qui souffle dans cette vallée loin du printemps

Le murmure triste des floraisons perdues.

 

Là, avivé par la course de tes pensées

Mon souvenir dont tu as fait une torture

Arrache aux arbres les squames des écorchés

Et grave sur ma peau d’implacables gerçures

 

Qu’ai-je été ? Sombre abîme agité de vipères ?

Ciguë du diable, gorgée d’immondes desseins ?

Ou bouche putréfiée, besognée par les vers

Pour que tu n’aies eu le courage de m’étreindre ?

 

 

                                                              Juillet 2002

 

 

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