
Conte de faits dont l’action a pour cadre le salon d’une maison close, l’histoire, construite sur des énergies antagonistes: le rire / le tragique; les fleurs / la boue; le sexe (la vie) / la guerre (la mort) etc... met en scène, durant deux heures trente, les prostituées de l’“établissement” et les notables d’une petite ville d’un pays imaginaire à la veille, pendant et quelques temps après une guerre épouvantable l’opposant à un pays voisin. Le conflit et l’invasion, stimulant peur chez les uns, cupidité chez les autres, sera le vecteur de réflexes qui mèneront à l’inévitable tragédie au sein du groupe.
Le livret réunit les caractéristiques de la comédie par son contexte néoréaliste et par ses situations comiques qui sont souvent le fruit de la dérision. Cependant, la légèreté affichée n’exclut pas la gravité des propos quand l’auteur dépeint la bassesse et le cynisme s’illustrant d’autant mieux dans les situations de crise comme la guerre. La maison close est le lieu choisi pour la mise à nu de ces êtres et surtout de leurs âmes dans le cas présent, et nous permet de voir sans son maquillage une certaine société hors de son théâtre. Les prostituées (les Fleurs) apparaissent dans leur fraîcheur presque naïve et les notables de la ville se raccrochent à des valeurs sordidement matérielles, sauf le funeste Le Glas, personnage emblématique, qui entretient une relation passionnelle avec la mort.
La musique aussi a sa part de responsabilité dans les sensations paradoxales que cette oeuvre nous fait ressentir. Ainsi une proportion non négligeable de la musique a un rapport contradictoire avec le texte qu’elle est censée illustrer, ce qui sabote littéralement notre conditionnement culturel et donne à nos sens matière à aventure: lorsque le Commandant Bourrha, militaire brutal surgi d’un bataillon de tortionnaires, entonne son refrain “Ah, que c’est bon d’être oppresseur...” ce sont les accents gracieux d’arpèges d’une harpe qui soulignent une mélodie non moins délicate.
Au delà du drame profond que cette oeuvre nous fait ressentir, à savoir : l’individu face à la précarité de son existence, Les Fleurs et la boue est aussi un ouvrage dont l’humour imprègne chaque page. C’est pour cette raison qu’il émarge sensiblement d’un concept purement tragique.
EXTRAITS SONORES
« Nous vous avertissons, Mesdames » -
Catherine Hureau (Madame Rose)
« Pourquoi les femmes ne m’aiment-
Dominique Dupray (Victor le Glas )
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MADAME ROSE VICTOR LE GLAS IRIS CHARLES DE BONJAC PAULETTE LE GLAS MANDRAGORE MAURICE PLANCHOT GUSTAVE POUILLARD GILBERT MORIOT LE COMMANDANT BOURRHA PETUNIA MUGUET LILAS VIOLETTE ORCHIDEE LES VERTUEUSES
CHOEUR
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Mezzo- Baryton- Soprano lyrique léger Tenor Mezzo- Mezzo soprano/contralto Basse bouffe Baryton bouffe Tenor léger
Tenor dramatique Soprano léger Soprano léger Soprano léger Soprano lyrique Contralto Mezzo-
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2 FLUTES EN UT/ EN SOL/ PICCOLO
1 HAUTBOIS/ 1 COR ANGLAIS
2 CLARINETTES
1 CLARINETTE BASSE
2 BASSONS
1 CONTRE-
2 CORS
2 TROMPETTES EN UT
2 TROMBONES
1 TUBA
4 TIMBALES
2 CAISSES CLAIRES
CYMBALES
TAM-
1 XYLOPHONE
1 CELESTA
CLOCHES
1 GLOCKENSPIEL
1 TAMBOUR DE BASQUE
1 TRIANGLE
1 ORGUE
1 HARPE
VIOLONS
ALTI
VIOLONCELLES
CONTREBASSES (à 5 cordes)


INSTRUMENTATION
RÔLES